26/09/2012

Eh, motion !

Notre époque est particulièrement paradoxale. D’un côté, nous devons savoir nous tenir, réfléchir, bien penser, bien nous comporter et surtout, ne jamais nous laisser envahir par nos émotions. De l’autre, les médias ne cessent de nous faire frissonner de plaisir, d’envie, de peur, de dégoût. Qu’est-ce qui fait que chez soi, on a le droit aux émotions, mais surtout pas au travail ?

C’est sans aucun doute notre héritage culturel, ce même héritage qui dicte certains comportements aux hommes, d’autres aux femmes. C'est encore lui qui nous invite à reproduire inlassablement les inégalités, à intellectualiser au maximum la majorité des situations de la vie quotidienne. Encore lui qui nous invite à nous couper de nos émotions ou pire, à nous en méfier.

Si violentes et si utiles

Nous sommes ainsi nombreux à subir nos émotions sans les comprendre. J’ai récemment rencontré Aurélie, une jeune femme brillante qui travaille pour l’industrie du luxe. Elle m’a raconté qu’après avoir eu son premier enfant, sa manière de voir le monde, les interactions humaines et ses priorités avaient considérabelemnt évolué. Elle ne supoprtait plus les cris de certains "petits chefs", elle avait envie de pleurer quand on brimait certains de ses collègues ou de rugir de colère face aux incohérences de sa hiérarchie. Elle se sentait fragile et cela lui faisait peur, peur d'être "mise sur la touche". 

De plus en plus régulièrement, lorsqu’elle était attendrie ou qu’elle se sentait impuissante face à une injustice, une vague irrépressible de larmes montait en elle et la terrassait avec la violence d’un tsunami.

Après l’ouragan, elle était épuisée. Comme un bon petit soldat, elle repartait dans la vie... jusqu’au jour où elle s’est écroulée. Si elle avait essayé de comprendre le sens de ses émotions, elle aurait pu chercher à faire évoluer les choses.

Reprendre le pouvoir

Reprendre le pouvoir sur ses émotions, c’est les identifier, les connaître, en connaître les causes. C’est décrire leurs comportements, leur vie d’émotions, c’est un peu les apprivoiser. Celles qui nous font le plus mal doivent être prises au sérieux. Elles nous mettent généralement en garde, elles nous demandent de passer à l’action.

Nous avons le droit d’être heureux, d’avoir peur, d’être surpris ou en colère, d’être tristes. Même au travail, où nous passons généralement plus du tiers de nos journées. 

Nier les émotions est d’une extrême violence. C’est bien souvent le début de la rupture du lien social. Car si je nie mes émotions ou celles des des autres, je nie leur caractère profondément humain. Concrètement, je me traite et je traite les autres comme des outils, pas comme des hommes.

Donner aux émotions la place qu’elles méritent

Les organisations qui se veulent plus humaines ont donc tout intérêt à donner aux émotions la place qu'elles méritent. Un management qui invite collaborateurs et clients à s’exprimer sur les questions de ressenti dispose d’indicateurs particulièrement précieux et pertinents pour mener la "politique RH", "de service public" ou "clients" la plus adaptée.

C’est pourquoi, quand une situation pose problème ou quand on souhaite faire évoluer une structure, il est toujours utile de se poser la question des émotions. Aurélie aurait peut-être pu éviter la catastrophe si, dans son entourage professionnel, quelqu’un, de préférence un supérieur, lui avait demandé : Pourquoi pleures-tu ? Qu’est-ce qui déclenche tes pleurs ? Cette tristesse, cette colère que tu as en toi, peut-on faire quelque chose pour qu'elle s'en aille ?  

18/09/2012

Convergence de moyens, absence de lien ?

 Du 19 au 21 septembre se tient à Paris un forum mondial pour les objectifs du millénaire appelé “convergences 2015”.  De prestigieux intervenants venus des quatre coins du monde se pencheront sur programme ambitieux, passionnant. Un grand absent cependant : le lien social.

Sur le site Internet (http://www.convergences2015.org/fr/) du Forum mondial pour les objectifs du millénaire, qui se tient à Paris cette semaine, l’événement s’appelle « Convergences solidaires et responsables, investir et agir pour les objectifs du millénaire », mais aussi « Convergences 2015, le forum mondial dédié aux objectifs du millénaire pour des partenariats innovants contre la pauvreté. » Ouf ! Outre le fait que si on n’est pas de la partie, on ne comprend rien, en termes de lisibilité et de compréhension, cette communication n’est pas très claire.

Une cicatrice de faits d’armes ?

Je ne jetterai pas la première pierre aux organisateurs. En mon temps, il m’a fallu jongler avec des intérêts divergents, au risque de produire une communication floue. A moins que ce ne soit un choix éditorial. 

Quoi qu’il en soit, les deux titres ne veulent pas dire la même chose. Le premier invite à l’action pour les objectifs du millénaire. Le second centre le sujet de la conférence sur des partenariats innovants contre la pauvreté. Pour comprendre mon propos, il me semble judicieux de faire un petit tour par ces fameux objectifs de développement pour le millénaire.

OMD, MDGs, kesaquo ?

 Qui les connaît ? ni vous, ni vous, ni vous ?  Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), Millennium Development Goals (MDG’s) en anglais, sont huit objectifs adoptés en 2000 à New York(États-Unis) par 193 États membres de l'ONU, et au moins 23 organisations internationales, qui ont convenu de les atteindre pour 2015.

Ces objectifs recouvrent de grands enjeux humanitaires : la réduction de l’extrême pauvreté et de la mortalité infantile, la lutte contre plusieurs épidémies dont le SIDA, l'accès à l’éducation, l’égalité des sexes, et l'application du développement durable.” indique wikipédia.

Ces objectifs sont :

§  1. Réduire l'extrême pauvreté et la faim.

§  2. Assurer l'éducation primaire pour tous.

§  3. Promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes.

§  4. Réduire la mortalité infantile.

§  5. Améliorer la santé maternelle.

§  6. Combattre les maladies

§  7. Assurer un environnement humain durable.

§  8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

La faim justifie les moyens ?

Et voilà où le bât blesse. Cette conférence ne traite pas de l’ensemble des objectifs de développement pour le millénaire, elle interroge essentiellement la finance, l’entreprise et la coopération internationale. Les grands thèmes affichés sur le site sont la microfinance, l’économie sociale et solidaire, le « social business », « l’entreprenariat social », l’environnement et le développement, la coopération internationale. Exit l’éducation ou la santé maternelle, exit l’autonomisation des femmes ou le combat des maladies. La question qui prime est celle des moyens et de l’optimisation de l’organisation des entreprises « sociales ». Des moyens, de l’argent, de l’innovation par l’investissement ou par des comportements un peu plus verts. C’est bien. C’est très bien même.

L'essentiel est invisible pour les yeux

Mais quand je me demande si je vais aller ou non à cette conférence et que je me sens mal à l’aise en lisant le programme, je sors FEBOS, de mon chapeau et tout va mieux. Les Faits sont là : cette conférence ne va pas chercher à répondre aux questions comme « comment s’assurer que les acteurs et les bénéficiaires des stratégies de développement soient traités avec respect et estime » ou « qu’enseigner et comment enseigner aux enfants pour promouvoir le développement de leur libre arbitre ? » J’aurais Besoin d’être rassurée sur le fait que tout cet argent mobilisé, toutes ces bonnes pratiques échangées n’aient pas un goût amer dans le cœur des femmes et des hommes sur le terrain. Poser ce genre de question en amont, c’est se donner une feuille de route plus claire, ne pas oublier l’essentiel.

Car l’essentiel, c’est que chacun puisse vivre simplement, dans la paix, avec un minimum. Un minimum matériel, bien sûr, mais aussi un minimum de cohérence, d’intégrité, de confiance et d’estime.

 

11/09/2012

Il fait presque beau

Ca y est, la rentrée s’installe avec ses nouveautés et le retour de la routine. On essaie de tenir ses bonnes résolutions : cette année, programme de choc, sport, temps pour soi, pour ceux qu’on aime, équilibre vie professionnelle et personnelle, budget maîtrisé... si dans quelques semaines, vous avez le sentiment que vous n’y arrivez plus, qu’on commence à vous prendre sacrément la tête au travail ou à la maison, surtout, halte au stress, FEBOS est faite pour vous.

FEBOS, c’est quoi ? Une méthode simple. C’est moi qui l’ai inventée pour vous, rien que pour vous. C’est un questionnement en 5 points, qui prend 5 minutes ou plus et qui permet de se situer, de prendre de la distance, de se rassurer, de trouver ou retrouver une cohérence dans sa vie si on a l’impression de l’avoir perdue.

Vous l’aurez compris, j’aime bien jouer avec les mots. Quel que soit le temps, quelle que soit l’ambiance, s’il FEBOS, il fait bon ! Alors, en quoi consiste cette méthode ?

Prenons un exemple : vous dirigez un service, une ville, une PME. Après deux semaines de rentrée, vous sentez que l’ambiance au travail se dégrade, un malaise monte, un peu sournois. Vous avez du mal à comprendre, à cerner. Ou au contraire, vous avez identifieé quelques fauteurs de troubles qui cassent la baraque. Comment faire ?

FEBOS !

Des faits, rien que des faits

D’abord, décrivez les faits sans jugement, sans emportement. Cherchez juste à comprendre qui fait quoi, comment, qui dit quoi, comment. Décrivez aussi ce que vous faites et ce que vous dites. Que font les fauteurs de troubles ? Quels sont les indicateurs concrets qui vous donnent le sentiment que l’ambiance est de moins en moins bonnes dans votre service ? Vous en a-t-on déjà parlé ? Vous a-t-on déjà alerté ?  

Pas mal d’émotions aussi

Ensuite, décrivez vos émotions, questionnez les autres sur les leurs. Quand on commence à parler d’émotions, on entre dans un univers d’une extrême richesse. Nous n’avons pas appris à comprendre nos émotions. Résultat, nous pouvons être assez démunis quand elles nous submergent. Ces grandes amies si souvent rejetées, délaissées, incomprises s’avèrent être de précieuses compagnes pour comprendre régler des tensions ou chercher des solutions, à la condition qu’on les accepte et qu’on reconnaisse celles- des autres.

Quels Besoins ?

Etape suivante : quels sont vos besoins, les besoins de vos équipes, de vos clients ? Identifier vos besoins vous permettra ensuite de faire des choix d’équilibre de vie est vous aidera à mieux respecter ces choix. Premier exemple : vous avez besoin de bouger, de faire du sport et vous vous êtes mis au jogging. Est-ce un besoin ressenti ou est-ce qu’il est appris ? S’il est appris, mieux vaut revoir votre copie et trouver l’activité physique qui vous fasse plaisir. Second exemple : de quoi vos équipes ont-elles besoin pour se sentir bien au travail ? Pas de bonne ambiance sans reconnaissance des besoins de base ! (rendez-vous sur mon blog le 2 octobre pour en savoir plus).

Des objectifs réalisables

Lorsque les faits sont identifiés, les émotions reconnues et exprimées, les besoins assouvis et non assouvis listés, se pose la question des objectifs. Objectifs à long terme d’abord : que voulez-vous ? Quelles sont vos envies ? Vous connaissez la situation (Faits), vos émotions et celles des autres, vos besoins… que voulez-vous à présent ? Etre en bonne santé ? Travailler dans un environnement convivial ? Développer un environnement de travail plus convivial ? Qu’à cela ne tienne, voilà des objectifs intéressants.

 Stratégiquement vôtre

En management, on dit généralement qu’un bon objectif doit être réalisable. Sinon, on va à la catastrophe. Pour mener à bien votre nouvelle mission, fixez des objectifs réalisables à court terme, avec une progression vers vos objectifs à long terme. N’oubliez surtout pas que les objectifs ne sont pas gravés dans le marbre. Ils peuvent changer. Premier exemple : avant de passer au jogging pour perdre du poids, commencer par la marche afin de préparer le corps. Deuxième exemple : commencer par dire bonjour le matin à tous ses collaborateurs avant d’organiser les goûters du vendredi.